#NonAuHarcelement

Ce matin. Je me lève. Je bois mon premier café en ouvrant mon ordinateur.
Sur Twitter je vois apparaitre le Hashtag #NonAuHarcelement. Une initiative du ministère de l’éducation et des différentes associations pour l’enfance.

Mon témoignage vous fera peut être moins écho car il commence a dater mais malheureusement le problème est toujours d’actualité

J’ai 28 ans et l’époque du collège est révolue. C’est une période de ma vie que j’ai détesté.
Aujourd’hui je peux le dire.

Je n’étais ni populaire. Ni jolie. Ni bonne à l’école. J’étais seulement la copine de second choix de la fille populaire du collège.

Une personne en particulier a été le début d’une longue période sombre. J’ai envie de m’adresser à elle aujourd’hui. Sans haine et sans reproches. Car elle, comme beaucoup d’autres personnes n’ont jamais pris conscience de leur position de force et d’avoir profité de ce qu’il considérait comme une « faiblesse » chez les autres.

Quand son groupe d’amies n’était pas là. Elle déjeunait avec moi à la cantine. J’étais la personne à qui elle pouvait « faire la gueule » sans motif particulier car elle savait que je n’avais pas le caractère pour demander des comptes. Elle avait le droit de se moquer de moi. Et je riais. Même si c’était méchant. Elle avait le droit de ne pas me choisir dans son équipe au sport en m’humiliant car je n’avais pas de marques sur mon jogging. J’acceptais d’être dans toutes ses bêtises juste pour montrer que j’étais une fille comme elle. Mais il n’en était rien. J’étais une sorte de dame de compagnie, de fou du roi. J’étais une suiveuse de peur d’être complètement seule. J’acceptais tout. Parce que c’était ça ou rien.

Cela parait futile et pourtant c’est bel et bien le commencement d’une spirale sans fin. Un jour, il est 7h55. J’arrive devant le portail du collège. Elle, « Ma meilleure amie » se dirige vers moi. Un cercle se forme autour du nous. Je comprends qu’elle a avertie pas mal de personnes de ce qu’elle comptait dire. Mais, elle n’a pas parlé. Elle m’a giflé. Devant tout le monde.

Mais cette gifle n’avait pas le gout d’une vraie gifle. Ma joue me faisait mal. En reculant,Elle a sorti une règle en plastique de sa manche. Les gens rient. Elle me traite de « grosse balance » devant des spectateurs fascinés. Et attend que je parle.

Les questions se bousculent dans ma tête. « Pourquoi ? » « Qu’est ce que j’ai fait ?»
Je n’avais vraisemblablement rien a voir avec tout ça. Mais je ne me suis pas défendue.

Je suis partie seule. En cours. Devant des gens qui m’insultaient.
Ce jour là je n’ai pas pleuré. Mais je me rappelle avoir essayé de tenir bon. Je n’en ai pas parlé à mes parents. J’ai cru que la vie c’était ça. Je ne savais pas que ce n’était pas normal.

J’ai pardonné, et j’ai continué a idolâtrer cette personne. J’ai aussi été spectatrice à mon tour, plus tard, d’humiliations sur des filles encore moins affirmées que moi… Et je n’ai pas agis. J’ai été lâche. Car pour une fois ce n’était pas moi a cette place. Aujourd’hui je regrette.

Je n’ai pas poursuivie les études jusqu’au lycée.
J’ai pris directement des études de communication visuelles dans l’école où se trouvait mon grand- frère.

C’est étrange car aujourd’hui cette personne ne se souvient absolument pas de tout ça. Elle m’a recontacté sur Facebook il y a quelques mois. Je reste un bon souvenir pour elle. Je n’ai pas eu le courage de lui dire tout ça. J’ai répondu gentiment que j’étais contente qu’elle aille bien et qu’elle aie un enfant.

Elle n’est pas un bon souvenir pour moi. Car ça a dirigé aussi mon comportement pour les années a venir. J’ai eu du mal a me faire des vrais amis. J’ai eu du mal a me comporter normalement et naturellement dans un groupe. Ca a pris énormément de temps avant que je puisse être moi même. Encore aujourd’hui parfois j’y repense.

Aujourd’hui, j’aimerai dire à la Léa de la 6ème 4 du collège que non, la vie ce n’est pas ça mais je ne peux pas. Je peux juste déplorer que le problème s’empire. Que le harcèlement est de plus en plus violent.

Si vous êtes victimes de harcèlement. Je tiens a dire que vous ne devez sous aucun prétexte CHANGER. Ce n’est pas vous le problème et il faut vraiment que vous le compreniez.

Soyez vous même avec vos différences. Faites vos propres choix. Ne cherchez pas a être populaire a tout prix. Aimez vous. Vraiment.

Ne faites pas comme moi si vous voyez quelqu’un victime de harcèlement. Agissez !
Parlez en aux professeurs ou aux personnes capable de vous aider au sein du collège. Ca ne fait pas de vous une balance. Ca fait de vous quelqu’un de bien et de responsable. C’est carrément plus cool !

Merci aux diverses associations et l’éducation nationale d’enfin a voir compris que c’est un vrai problème. Qui touche de plus en plus de monde et qui … tue.

Ne soyons pas complices du harcèlement à l’école.
Toi aussi partage ton histoire ou ton soutien avec le hashtag #NonAuHarcelement

Léa

Le 5 / 11 / 2015 | 20932 vues


Tous droits réservés © 2015 leacamilleri.fr